L’artisanat du cuir

artisanat du cuirNombreuses régions bocagères, sols souvent propices à la prairie, zones humides… le Poitou est depuis toujours une terre d’élevage. Et c’est sans doute pourquoi il s’y est développé peu à peu, notamment en Deux-Sèvres, un savoir faire indéniable pour le travail des peaux, une activité qui a atteint son apogée au début du 20ème siècle. A cette époque, chaque ville traversée par un cours d’eau possèdait plusieurs tanneries comme en attestent encore de nos jours les appellations “rue des tanneries”, “quartier des tanneurs” etc… A partir de la fin du 19ème siècle, c’est l’industrialisation donna le plein essor à la peausserie et notamment  aux deux unités les plus importantes : la Tannerie de Sireuil en Charente et la Tannerie Poyraud à Mauléon ( Deux-Sèvres ).

Comme en témoigne le nom de son club de football ( Les Chamois Niortais ), la ville de Niort se spécialisa elle dans la chamoiserie, un travail qui consiste à traiter les peaux avec de l’huile de poisson pour leur donner la souplesse d’une étoffe.

Aujourd’hui, c’est l’artisanat  qui perpétue, au travers de ses confections de qualité,  cette tradition régionale de travail du cuir. Et les premières ballades printanières sont l’occasion de redécouvrir et d’adopter quelques créations 100% artisanales.

En Poitou on dit “une” clochard

Au centre du Poitou, le sous-sol granitique de la petite région de Gâtine est propice à l’arboriculture fruitière. C’est pourquoi on y sélectionna autrefois une varièté locale de Copie bis presentation pommes 30001pommier de plein vent qui se développa, colonisant peu à peu les nombreuses haies qui clôturaient les prairies naturelles. Dotée d’un goût inimitable, à la fois musqué, sucré et légèrement acidulé, cette reinette est une varièté tardive qui demande plusieurs années avant de mettre à fruit et ne se consomme généralement pas avant début Décembre. Mais c’est une pomme qui peut par contre être conservée jusqu’au début de l’été ! A partir de Mars sa peau se ride alors peu à peu, sa chair devient plus fondante et son goût unique encore plus prononcé.

On l’a appelée la Clochard car après la cueillette, on avait jadis l’habitude de la coucher ( en tas ) dehors dans un lit épais de paille pour qu’elle atteigne naturellement sa pleine maturité. Adaptée à la culture en haute tige, la Clochard est une varièté peu mécanisable et donc très menacée. Alors, avant l’arrivée des fruits de printemps, il faut découvrir et profiter de ce fruit de l’automne qui s’est naturellement si bien conservé.

Les Fiefs Vendéens

On appelle Fiefs Vendéens les vignobles hérités des fiefs ecclésisastiques médiévaux qui apparurent au IXème siècle en Bas Poitou. Ils sont au nombre de quatre.

les vins en PoitouLe plus étendu ( 310 ha ) est l’appellation Mareuil où les rouges, souvent à base de Gamay, sont prédominants.

A Pissotte (20 ha ), les premiers contreforts exposés au sud du bocage vendéen donnent des rosés fruités et des blancs secs.

Vix ( 10 ha ) plus au sud, est intéressant pour ses blancs au goût de pierre à fusil.

A Brem-sur-mer enfin ( 150 ha ), au nord des Sables d’Olonne, on aime produire des blancs au caractère marin. Autrefois les vignes y étaient plantées dans de petites cuvettes pour les protéger des vents et des embruns.

Au moment de découvrir le millésime 2007 pourquoi ne pas goûter aussi à la France des petits vignobles secrets ? 

 

Dans les maisons de nos grand-mères

En Poitou, dans les maisons de nos grand-mères, il y avait une cruche et un pichet, une boîte à sel, des pots et des saladiers… La fabrication artisanale, les marques laissées par l’usage, les évènements et les souvenirs qui leur étaient liés faisaient de ces objets les compagnons uniques et fidèles du quotidien.

gres usuelsDans son atelier de poterie ” La terre est bleue”, Marie-Christine Grangiens fait revivre  ces objets d’usage et nous invite à les remettre en scène pour retrouver toute une ambiance oubliée, empreinte de chaleur, de quiétude et de sérénité. Toutes ses pièces sont fabriquées traditionnellement, c’est à dire cuites à 950°, émaillées intérieur et extérieur, puis recuites à 1280°. Ce sont donc les véritables grès usuels qui accompagnaient autrefois les gestes du quotidien. Ils sont tournés à la main un à un, “pour que chaque moment de la vie soit particulier et différent”.

Alors, quand l’arrivée du printemps nous donne envie de changer de déco, pourquoi ne pas opter pour une ambiance vraiment authentique ?

Une erreur formidable : le Pineau des Charentes

barriquesOn raconte en Saintonge qu’un jour, dans la précipitation des vendanges, un viticulteur versa par erreur du jus de raisin frais dans une barrique où il restait du Cognac. Le tonneau fut rapidement plein et il s’apercut de sa faute. Il décida alors de ne pas laisser ce fût avec les autres et le stocka à l’écart où il resta oublié. Quand il retrouva son tonneau quelques mois plus tard,  le viticulteur étourdi décida, avant de jeter le contenu, de goûter ce curieux mélange. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un vin agréable, doux et parfumé ! Le Pineau des Charentes était né… il allait devenir l’apéritif emblématique du Poitou. Un apéritif que les premiers beaux jours nous invitent à servir sur la terrasse pour de sympathiques moments entre amis ( avec modération bien-sûr ).

D’Aliénor d’Aquitaine aux Tire-Douzils : les vins du Haut Poitou

Haut Poitou A la fin du 19ème siècle, après les ravages du phylloxéra, il ne restait presque plus rien des innombrables vignes qui avaient colonisé les terres du Poitou. Ainsi, des 30000 ha que comptait le vignoble du Haut Poitou, il ne subsiste aujourd’hui que 800 ha au nord-ouest de Poitiers. Planté de cépages résistants au terrible insecte, ce vignoble veut perpétuer une renommée remontant à l’époque gallo-romaine et qui dura jusqu’au 17ème siècle.

Aliénor d’Aquitaine fut la meilleure ambassadrice des vins du Haut Poitou. Puissante duchesse d’Aquitaine auquel était rattaché le comté du Poitou, elle devient, en 1137, reine de France en épousant Louis VII. Répudiée dès 1152, elle se remarie la même année avec Henri II Plantagenêt, coiffant ainsi la couronne de reine d’Angleterre et y rattachant son duché d’Aquitaine. Femme à la forte personnalité, elle continuera à jouer un rôle politique et culturel important sous le règne de ses deux fils, Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre. Tout au long de cette longue vie influente, Aliénor d’Aquitaine sut faire apprécier les vins du Haut Poitou, notamment à la cour d’Angleterre,  leur assurant du même coup un formidable essor commercial.

Aujourd’hui, c’est la confrérie des Tire-Douzils ( du nom de la petite pièce de bois conique qui servait à reboucher le trou que l’on faisait dans la barrique pour la goûter ) fondée en 1953 qui fait la promotion des vins du Haut Poitou. Notons que son grand chapitre se réunit chaque année, le deuxième dimanche de Juin, dans la splendide cave du Châtellet creusée dans le tuffeau à Marigny-Brizay.

C’est en Mars que les viticulteurs bouchent traditionnellement la dernière vendange des vins qui n’ont pas besoin de vieillir en fût de chêne. Voilà donc arrivée l’époque des foires aux vins de printemps, l’occasion de découvrir le nouveau millésime, l’occasion d’apprécier déjà les vins qui se consomment jeunes et notamment… ceux légers, souples et fruités du Haut Poitou ( avec modération bien sûr).

Le vinaigre à l’ancienne

N’avez-vous jamais eu envie de retrouver des saveurs oubliées… l’ambiance d’une époque où le mot consommation n’existait pas… le plaisir des choses faites maison ?

De toutes les fabrications maison, c’est sans doute le vinaigre qui est le plus facile à vinaigrier mural boisréaliser ! D’invisibles micro-organismes ( 1 millième de mm ), les Mycoderma aceti peuvent, dans un joli vinaigrier, transformer gratuitement pour nous les surplus de vin en un délicieux vinaigre.

Pour se procurer ces bactéries rien de plus facile : il suffit de demander à un ami un morceau de la “mère” de son vinaigrier. Sinon on peut aussi fabriquer une “mère” en laissant tout simplement pendant quelque temps, un ou deux verres de vin dans le fond d’une bouteille ouverte. La pellicule blanchâtre qui se forme en surface n’est autre qu’une jeune “mère”, qui s’épaissira ensuite peu à peu dans le vinaigrier jusqu’à devenir semblable à une tranche de foie.

Pour commencer un vinaigrier, il faut tout simplement le remplir à moitié avec du bon vinaigrier gresvin et immerger délicatement la mère en surface. Il n’y a plus alors qu’à attendre deux mois avant de pouvoir tourner la cannelle.  Mais il ne faudra pas oublier de rajouter du vin au fur et à mesure de l’utilisation du vinaigre : les fonds de bouteilles sont parfaits et trouvent ainsi une excellente destination !

Trois conseils pour un bon fonctionnement : tout d’abord, le vinaigrier ne doit pas être placé dans un endroit trop chaud. Ensuite, pour ne pas perturber la mère, il faut toujours soutirer le vinaigre par la cannelle et penser à verser doucement le vin de remplacement. Enfin, lorsque la mère devient trop importante, elle coule peu à peu et devient partiellement inactive car au fond du vinaigrier les bactéries meurent par manque d’oxygène. Il faut alors l’extraire pour n’en conserver que la partie qui flottait en surface.

 vinaigrier brut 10LAvec plusieurs vinaigriers, il sera possible de fabriquer différentes variètés de vinaigre : vinaigre de vin rouge, vinaigre de vin blanc, vinaigre de cidre, mais aussi pouquoi pas vinaigre de bière, vinaigre d’hydromel, etc.. seuls les alccols forts ne peuvent être utilisés car l’alcool concentré empêche les Mycoderma aceti de se développer.

On peut aussi, pour varier le goût des salades, aromatiser le vinaigre prélevé dans le vinaigrier en y faisant macérer des herbes aromatiques, des épices, des condiments ou encore… des algues, des fruits secs (comme la noix), des fruits charnus (comme la framboise), du miel… Mais attention à ne pas oublier que dans le vinaigrier lui-même, il ne faut jamais introduire autre chose que l’alcool ( vin, cidre, etc.. ) et la “mère”.

Vous ne pouvez consommer toute votre production ? Pensez à l’offrir présentée dans de jolis flacons !

Les Anes en Culotte de l’Ile de Ré

Autrefois, sur l’île exigue de Ré, la petite taille des ânes était très appréciée. On avait notamment recours à ces fidèles compagnons pour les déplacements, le travail dans les champs et la récolte du sel. Mais sur ces terres humides, les mouches et les moustiques abondaient. Alors, pour protéger les ânes contre les piqures des insectes, les habitants de l’île confectionnaient des pantalons à bretelles  qu’ils taillaient dans de jolis tissus colorés. Aujourd’hui encore, Régis Léau éleveur sur l’Ile, perpétue avec ses ballades et ses mariages aux couleurs d’autrefois, cette tradition des ânes en culotte.

Régis Léau propose aussi un savon artisanal enrichi avec du lait de ses anesses. Les vertus savon lait d'anessecosmétiques de ce lait, tenseur et régénérateur de la peau, sont célèbres depuis l’Antiquité et les bains au lait d’anesse de la belle reine d’Egypte Cléôpatre. Plus près de nous, on dit que François 1er en fit, sur les conseils d’un médecin de Constantinople, une cure qui donna des résultats spectaculaires. Alors, pour la fête des amoureux, pourquoi ne pas ajouter la touche insolite de ce petit cadeau, preuve d’ une vraie recherche d’originalité, et gage de moments princiers de douceur et de sensualité.

Des moutons aux chaussons : la laine

patounesSur cette terre poitevine d’élevage qui fait la part belle aux moutons ( notamment dans la région de Vasles et de Montmorillon ), Nicole Dougoud a remis au goût du jour deux techniques ancestrales : la laine mêche et le tricot au doigt. Ses Patounes ( une création exclusive et déposée ) sont des chaussons douillets montés sur semelle éqalement en laine.

A la saison des jours courts, elles sont les amies incontournables pour de longues soirées délicieuses de bien-être naturel.

Les ruchers en Gâtine

miel de gatine ttes fleursJadis, sur les “terres gâtées” de cette petite région du centre du Poitou, la forêt, les landes et les petites prairies entourées de haies offraient une multitude de fleurs sauvages aux abeilles. Chaque famille de paysans possèdait alors souvent une ou plusieurs ruches qui produisaient un miel à l’arôme marqué par les saisons, et l’on n’hésitait pas à recourir aux vertus antiseptiques du miel contre la grippe, le rhume, la toux…

Il est encore possible de trouver aujourd’hui ce miel artisanal et de qualité, issu d’une apiculture familiale, et de conjuguer bienfaits et gourmandise au petit déjeuner… ou à tout autre moment de la journée comme par exemple… sur les crêpes de la Chandeleur !